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Pourquoi faire un legs à la Fondation humaniste? Mon nom est Bernard. J'ai soixante-seize ans, ce qui veut dire que la plus grande partie de mon existence est derrière moi. Un jour cette merveilleuse aventure qu'est la vie sera terminée pour moi. Mon corps se transformera en d'autres formes de matière et qu'il ne restetera plus rien de moi sinon le souvenir que ceux qui m'ont connu en garderont un certain temps. Tous les êtres animés que l'on observe dans la nature naissent, se développent et finissent par disparaître sans laisser de traces. Même les étoiles naissent, se consument et finissent par se transformer en autre chose. Comme je n'ai pas la prétention d'échapper à cette loi de la nature, je trouve extrêmement improbable qu'il reste quelque chose de moi quand j'aurai cessé de respirer. C'est dire que je ne crois pas a un monde surnaturel peuplé d'âmes, d'anges, de démons et de dieux. C'est l'homme qui se trouve au centre de l'univers que je connais et comme je ne prétend pas détenir la vérité absolue a ce sujet, je choisis de penser en termes de probabilités. Je suis donc un humaniste qui cherche encore a comprendre. J'ai eu beaucoup de chance de naître en santé dans un pays développé, de ne pas subir les violences de la guerre ni celles de la maladie, de recevoir une éducation convenable et d'avoir pu m'épanouir professionnellement, de voyager presque partout sur notre petite planète et d'avoir eu la curiosité de chercher à comprendre ce qui se passe. J'ai aussi subi ma part de peines et déceptions comme tout le monde mais dans l'ensemble je m'en suis bien tiré. J'ai accumulé beaucoup d'idées, de livres, d'objets et d'économies que j'aimerais confier à quelqu'un qui en ferait un usage compatible avec ce que je suis et sur qui je pourrais compter pour perpétuer mes valeurs et plus particulièrement l'importance que j'accorde à la transparence et à la vérité . J'ai envisagé doter une université pour fournir des bourses à quelques étudiants méritoires mais j'ai vite compris que ma faible contribution à l'avancement des sciences serait diluée comme une goutte dans l'océan. Partout où je suis allé, j'ai observé que ce n'est pas tant le manque d'information qui nuit au développement harmonieux de la société que l'abondance de fausses informations disséminées par certains individus et groupes pour avantager leurs intérêts particuliers au détriment des autres. Le principal obstacle à la paix n'est pas tant l'ignorance que la manipulation qui entraîne ses victimes à agir contre leurs propres intérêts et qui dresse les tribus les unes contre les autres. Le développement des techniques publicitaires modernes et la concentration des moyens médiatiques entre de moins en moins de mains, sont à mon avis, en train de détruire la capacité des individus de penser pour eux mêmes au point qu'il devient évident que les rituels de la démocratie concernent plus l'affrontement de manipulateurs concurrents que le recensement des préférences de citoyens autonomes et libres de penser. Les guerres du moyen orient et les élections llustrent bien le pouvoir de manipulation des média et l'asservissement intellectuel des citoyens. J'ai donc pensé qu'il fallait faire quelque chose devant la montée de la droite religieuse chez notre voisin du sud et même au Canada pour opposer une résistance à son expansion au Québec. La meilleure arme contre la manipulation, c'est le développement de la pensée critique. J'ai songé à faire des legs à deux mouvements dont la lutte contre la crédulité s'oppose aux manipulations, Les Sceptiques du Québec dans le domaine du paranormal et des pseudo-sciences et Le Mouvement laïque québécois qui veille aux ingérences des églises dans les affaires de l'État. J'ai fait parti de leurs conseils d'administration pour connaître leur dynamique. J'ai aimé ce que j'y ai trouvé mais je me suis aperçu que les qualités requises pour animer des mouvements d'idées ne sont pas nécessairement les mêmes que celles qui assurent le succès d'une bonne gestion financière. Combien de fois ai-je entendu "nous pourrions bien faire ceci ou cela mais ça prendrait des sous que nous n'avons pas". C'est de cette façon que m'est venue l'idée d'une fondation permanente dont le rôle serait d'aller chercher et de distribuer les fonds nécessaires pour permettre à de tels organismes d'exercer pleinement leurs projets de développement de la pensée critique au Québec. Cette fondation pourait me permettre de projeter ma volonté au dela de la mort si elle est structurée de façon a offrir des garanties concernant l'utilisation optimale des fonds que je vais lui léguer et l'assurance qu'elle ne puisse pas être noyautée et utilisée à d'autres fins. Ces deux préoccupations doivent animer tous ceux qui souhaitent comme moi perpétuer leurs valeurs en léguant une partie de leur patrimoine à une fondation. Il existe nombre de fondations plus ou moins fermées dont la gestion est contrôlée par le même petit groupe lié à la famille du fondateur dont elles portent le nom. Tant qu'à faire une fondation d'intérêt collectif, je préfère qu'elle soit identifiée par son objectif, qu'elle soit ouverte a la participation active du public et que sa gestion soit parfaitement transparente. De cette façon, mes contributions et legs ne seront qu'une semence de départ bientôt noyée dans les apports de tous les autres donateurs qu'elle saura attirer. L'avantage fiscal est un moteur important dans la décision de contribuer à un organisme de bienfaisance mais cela ne suffit pas. Je me suis donc longuement interrogé sur les préoccupations que pourraient avoir d'éventuels donateurs avant de choisir la structure de la FHQ et de décider d'y contribuer un capital de lancement. La structure d'entreprise octroyant un vote par don de 100$ protège du noyautage en réservant le contrôle aux donateurs majeurs et offre un accès facile à tous les états et documents corporatifs pour garantir la transparence totale de toutes ses opérations. J'espère qu'elle saura répondre aux préoccupations que vous pourriez avoir à faire un legs à la Fondation humaniste du Québec. |