Le comité des célébrants

 

 

De tous les temps et dans toutes les sociétés, la participation aux rituels particuliers d'une communauté sert de déclaration d'appartenance à celle-ci pour chacun des participants ainsi que de reconnaissance de cette appartenance par l'ensemble de ladite communauté.

Cela va sans dire dans les cas du baptême, de la première communion, de la confirmation du mariage et les obsèques dans la cas des catholiques. Des amis juifs et musulmans pourraient sans doute me dresser la liste des principaux rituels qui unissent les membres de leurs communautés.

Ceux qui ne participent pas au rituel sont les exclus, les païens, les infidèles qu'il faut convertir à notre foi ou exécuter. Nous revenons vite à la vision tribale de "nous-les-justes-choisis-par-Dieu" et "eux-les-méchants-qu'il-nous-est-permis-de-tuer"

Cette façon de penser est contraire à l'humanisme.  Mettre l'humain avant tout, avant les croyances, les idéologies et des intérêts particuliers s'oppose à tous ces préjugés entre "les bons" et "les pas bons" qui reflètent bien plus des luttes de pouvoir entre dirigeants que la bonne ou mauvaise nature de leurs sujets.

Ceci dit, nous avons tous, au Québec, été élevés à accorder une valeur sociale importante a certains rituels jusqu'ici dispensées seulement par les organisations religieuses. Le refus d'inhumer en terre consacrée a longtemps servi d'arme de dissuasion contre des fidèles récalcitrants (voir l'affaire Guibord). Le mariage civil ne date que depuis novembre 1968!

Les humanistes n'ont pas tort de se méfier des aspects tribaux de certaines pratiques rituelles mais la crue réalité est que l'on y échappe pas. Le besoin de rituel est profondément ancré en chacun de nous.

Les humanistes doivent donc répondre à ce besoin:
a) pour ne pas laisser aux organisations religieuses le monopole de desservir ce besoin.
b) pour prévenir que des non-croyants se sentent isolés par leur refus de rituels religieux

Les mouvements humanistes ailleurs dans le monde on aussi perçu la nécessité d'offrir des "rites de passage" laïques pour répondre à la demande de leurs adhérents ( voir la liste des deux douzaines de célébrants humanistes actifs en Ontario).

Sous réserve de confirmation par le CA, le comité "célébrants" a été formé de toutes pièces en accueillant parmi nous le groupe "Cercle Laïque" qui cheminait déjà dans le sens de l'objectif que la Fondation s'était donné il y a un an. (voir: http://laicite.ca ). En qualité de "comité des célébrants" la Fondation défraiera ses frais de recherche et développement et lui lui fournira un local où tenir ses réunions.

Avec un peu d'optimisme. on peut prévoir que le "Cercle LaÏque" devienne suffisamment important pour s'incorporer en une OSBL indépendante reconnue oeuvre de bienfaisance aux fins fiscales ce qui permettra a la Fondation de la subventionner comme elle le fait pour les Sceptiques du Québec et Info-sectes Toujours avec un peu de vision, le Centre humaniste de Montréal disposera alors d'une grande salle aussi bien décorée que n'importe quelle église ou chapelle.